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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 19:36

 

L’école de Sudbury Valley : l’école médiathèque où l’on s’instruit soi-même

L’école américaine de Sudbury Valley, sise à Framingham (Massachusetts), apporte la preuve qu’une école peut être libérale tout en n’étant pas étroitement élitiste[1], attachée à l’émancipation et à la promotion des jeunes sans être « républicaine » et jacobine, moderne et fondée sur l’autonomie de l’élève sans puiser son inspiration dans une idéologie libertaire ou socialiste. Pour Yves Morel, l’offre éducative des écoles Sudbury permet, d’une part, d’offrir aux jeunes une formation de qualité sans les soumettre à une sélection aveugle et, d’autre part, de leur faire faire l’apprentissage de la liberté qui mène au savoir, et non à l’anarchie.


Fondée en 1968 par David Greenberg, alors jeune professeur de sciences physiques à l’université de Columbia (New York), aidé par son épouse Hanna et une jeune éducatrice novatrice, Mimsy Sadofsky, cette institution met en pratique un mode d’éducation et d’instruction reposant sur la seule et libre curiosité de l’élève. Ce mot ne recouvre  pas, en l’occurrence, la même réalité que dans nos écoles « républicaines ». Il ne s’agit ni de l’élève en blouse grise de la « communale » ferryste, ni du membre de la communauté scolaire de Freinet, ni de l’apprenti-citoyen de Dewey, ni de l’élève adonné à des travaux personnels encadrés à la Pantanellaou à la Meirieu, ni de l’élève des écoles libres « select » à la fois élitistes de vocation et modernes quant aux pratiques. L’élève de l’école de Sudbury Valley n’est rien de plus qu’un jeune garçon ou une jeune fille qui se rend dans une institution ressemblant à une médiathèque, afin de s’instruire soi-même par la lecture et des exercices, seul(e) ou avec ses condisciples, avec ou sans l’aide d’un enseignant, selon son envie et sa curiosité, à son rythme, mû(e) par la seule ambition - confondue avec le désir - de savoir, sans esprit de compétition, sans l’obsession du succès, du « mérite », sans la crainte de l’échec et de la déconsidération. Ilne s’agit ici ni de préparer la ventilation des situations sociales « en toute équité », ni de « changer la société pour changer l’école, changer l’école pour la société ». On ne se soucie ni de perpétuer les inégalités, ni d’édifier une société utopique sous la houlette d’un Etat démiurge. Le maître mot, tout simple, mais qui nous est tellement étranger dans notre « hexagone » (une métaphore géométrique éloquente, à moins dire), est : liberté. La liberté, qui, à nos yeux de Français, ne peut avoir de valeur et de réalité qu’à la condition d’être proclamée, définie, codifiée (et, par là même, bornée sinon niée), octroyée par l’Etat.


Principes et caractères généraux de l’enseignement et de la vie scolaire à l’école de Sudbury Valley

A Sudbury, la liberté se présente moins comme un principe solennellement proclamé que comme une réalité vécue. L’élève y est libre, et cette liberté n’a rien d’abstrait ou de fabuleux. Sudbury repose sur des idées si évidentes qu’elles ressemblent plus à des données naturelles ou des constatations de bon sens qu’à des postulats, des principes ou des théories. La première est que l’enfant, l’homme, en fait, est naturellement curieux et désireux de connaître et comprendre. La seconde tient en ce que l’on n’apprend bien que ce que l’on choisit d’apprendre, sans contrainte. La troisième affirme que cette liberté ne suscite pas la paresse, le refus de l’effort et l’abandon à des engouements passagers changeant au gré des fluctuations capricieuses de la curiosité personnelle. Au contraire, la volonté de surmonter les difficultés de l’apprentissage est d’autant plus forte que l’enfant ou l’adolescent a librement choisi son objet d’étude et a fait de sa connaissance un but.

Aussi, à Sudbury, les jeunes entrent et sortent quand ils veulent et apprennent ce qu’ils veulent et quand ils le veulent. Aussi bien peut-on difficilement les qualifier d’« élèves ». En fait, ils s’élèvent eux-mêmes par une quête - et une conquête - toute personnelle de la connaissance. De même, Sudbury est assez improprement appelé school. Il n’y existe pas de salles de classe, mais de vastes pièces confortablement meublées et largement pourvues de livres, où les jeunes lisent ou font des exercices. Il existe également des laboratoires scientifiques, des laboratoires de langues, des ateliers et des salles et terrains de jeux et de sports. Les jeunes s’adonnent aux activités qui leur conviennent, peuvent même s’absenter ou ne rien faire, travaillent seuls ou en petits groupes, avec ou sans l’aide d’un adulte. Les enseignants n’interviennent qu’auprès des élèves qui sollicitent leur concours. Celui-ci se manifeste sous les aspects les plus divers : conseil, aide ponctuelle, accompagnement didactique et pédagogique, cours particulier ou donné à des groupes restreints. La notion de classe d’âge ou de niveau est inconnue ici, et les groupes sont informels, éphémères et multiples - un élève peut appartenir à différents groupes. L’élève travaille le plus souvent seul, de sa propre initiative, s’agrège occasionnellement à divers groupes constitués pour faire des exercices, étudier ou permettre à ses membres de s’entraider, demande des explications à un professeur, suit le cours ponctuellement donné par celui-ci à quelques camarades. Il lit, travaille sur papier ou écran, fait des expériences scientifiques élémentaires, regarde et écoute des enregistrements, pratique un sport, joue, et, parfois, ne fait rien du tout. Et, n’en déplaise aux Brighelli, Fanny Capel, Rama Yade et autres thuriféraires de notre « Ecole républicaine », un tel mode d’acquisition du savoir n’engendre pas l’ignorance et le laisser-aller. Les élèves de Sudbury Valley School ne paressent pas, ni ne lambinent ou végètent dans des rudiments de connaissances mal digérés. Au contraire, ils manifestent en tout une très grande exigence envers eux-mêmes, se remettent en question, et cherchent toujours de nouvelles difficultés à surmonter. Ils se lancent constamment de nouveaux défis. La difficulté les stimule dans la mesure même où elle découle de leur libre initiative.


Conditions d’admission et certification

Sudbury Valley School admet comme élève tout jeune de quatre à vingt ans. L’école étant privée, l’inscription est payante, mais son coût n’est pas prohibitif au regard des normes américaines (7400 $ pour le premier enfant, avec des tarifs dégressifs pour les familles).. Elle est possible à tout moment et valable pour une durée d’un an.


Il n’existe ni examen ni système d’évaluation. Les élèves s’évaluent eux-mêmes grâce à des manuels ou à des systèmes informatiques d’évaluation, et/ou en demandant l’avis d’un professeur, ou encore de par leurs échanges mutuels ou ce que leur révèlent les activités qu’ils mènent ensemble. L’école est habilitée par l’Etat du Massachusetts à délivrer un diplôme d’études secondaires dont l’obtention requiert un travail particulier de l’élève. Celui-ci doit rédiger un court mémoire (appelé « thèse ») non sur un sujet académique d’étude, mais sur le bilan de son séjour dans l’établissement, en lequel il montre qu’il a su acquérir un jugement sain et droit, le goût de l’initiative et le sens des responsabilités. Ce bref travail est lu et apprécié par l’assemblée de l’école qui lui décerne le diplôme s’il a passé au moins quatre ans au sein de l’institution. L’élève n’est pas tenu de demander ce diplôme, mais celui-ci lui sera demandé s’il souhaite effectuer des études supérieures. Les universités et les hautes écoles, y compris les plus prestigieuses, ne le considèrent nullement comme un diplôme fantaisiste.

La suite ici

 

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Published by MagdaRita - dans ECOLE EDUCATION
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