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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 12:39

Bonjour à tous,

Je vous transmets un courriel de Claire Polin, de SOS éducation et vous en laisse découvrir le contenu, C'est consternant !

Un grand merci à Claire Polin pour son implication !

Cependant, n'oublions pas que l'éducation continue dans les foyers. Mes enfants ne sont plus en âge scolaire et je m'aperçois qu'ils sont forts de ce qu'ils ont appris en dehors de l'école. Il est important de rendre nos enfants curieux de tout et d'alimenter leur curiosité, y compris sur les sujets les plus "extravagants". Important d'aborder tous les sujets avec eux, d'avoir des conversations profondes dès le plus jeune âge sans oublier la dérision... Leur expliquer le fonctionnement politique et social du pays où ils vivent, sans pour autant trop les imprégner de vos idées propres (exercice assez difficile).

anecdote : C'est le début des années 80, ma fille cadette a 7 ans. Notre voisin, prof de français nous rend une petite visite et est intrigué par qu'il voit et entend. Notre fille, très confortablement "vautrée" dans un gros fauteuil, chantant et riant en même temps qu'elle suit les paroles des chansons de Bobby Lapointe dernière la pochette du 33 tours.

Je montre alors au voisin prof que Bobby Lapointe côtoie Gotainer, Brassens, le Requiem de Mozart et Gershwin, sans oublier les fabulettes de Anne Sylvestre.

Notre ami prof a convenu que l'apprentissage de la langue française peut se faire aussi par ce véhicule.
Pour la lecture, idem !  Mon petit dernier, né en 90 étonne très souvent les plus anciens en citant certaines phrases cultes tirées de « Signé Furax ». Comme pour la musique, éclectisme total en lecture.

Magda


Chère amie, cher ami,

Je viens de passer la journée avec une équipe de jeunes professeurs membres de SOS Éducation à examiner les nouveaux manuels scolaires que les éditeurs envoient à tour de bras aux établissements pour répondre à la réforme des programmes scolaires.

C'est l'horreur. Je crois que jamais, au grand jamais, je n'avais vu une telle salade pédagogiste et des propositions d'exercices aussi consternantes.

Songez qu'on propose désormais aux élèves, en français, d'écrire du rap ou de répondre à des SMS de rupture : ‘’Cc c mwa, jcroi kon devré fer 1 brek’’. On leur demande en mathématique de compter des smileys et des "émoticônes". En physique, on les invite à s'intéresser à l'intensité du courant qui a électrocuté Claude François dans sa baignoire. Etc., etc.

La subversion idéologique est bien sûr partout sournoisement diffusée : ainsi, un manuel de 4ème propose un exercice de rédaction invitant à critiquer son enseignant en "contournant [sa] censure"... que recherche-t-on ainsi, sinon saper l'autorité et le prestige des professeurs ?

Les funestes "EPI" (Enseignements Pratiques Interdiciplinaires) ont fait leur apparition dans la quasi-totalité des ouvrages que j'ai parcourus. On y mélange tout et n'importe quoi, la progression est complètement atomisée, déstructurée... franchement, je plaignais de tout mon cœur ces jeunes enseignants qui se demandaient comment il allaient bien pouvoir faire cours avec ces manuels !

Mais le pire, c'est en histoire-géographie.

Comme on pouvait s'y attendre, la plupart des nouveaux manuels font quasiment l'impasse sur les pages glorieuses de l'histoire de France, pour s'attarder des chapitres entiers sur la culpabilisation mémorielle et la repentance. Pour eux, c'est simple : l'histoire de France, c'est l'esclavagisme au XVIIIème siècle, la colonisation au XIXème, et la collaboration au XXème.

Dans mon vieux Manuel Malet et Isaac, Louis XIV avait droit à presque 100 pages. Maintenant il n'en a plus que... 4 ! Et cela pour expliquer qu'il a ruiné le royaume !

Et certains éditeurs vont jusqu'à faire l'apologie de la ministre Najat Vallaud-Belkacem et de sa réforme du collège, en reproduisant la Une du quotidien socialiste Libération !

Heureusement, il y a quand même quelques bonnes surprises. Le manuel Terre des Lettres, par exemple, qui en français conserve un bon niveau d'exigence sans sacrifier à la mode du tout-pédago. Et en histoire, il y a bien sûr... le Nouveau Manuel d'Histoire publié par la Fondation Aristote avec La Martinière, et coordonné par l'historien Dimitri Casali, avec une belle préface d'un ancien ministre de l'éducation.

Ce manuel d'histoire qui couvre tout le niveau cycle 4 (5ème-4ème-3ème) est vraiment une bouée de sauvetage lancée aux professeurs en perdition dans la réforme du collège. Il présente une approche chronologique, qui tient compte du programme, mais qui complète aussi ses lacunes. Les illustrations sont splendides, les textes bien écrits, et surtout équilibrés dans leur perspective sur les événements historiques. Je viens de découvrir qu'un spécimen est intégralement consultable en ligne, et je vous invite vraiment à prendre le temps de le parcourir en cliquant sur cette image :

 

Comme vous le voyez, dans ce manuel, pas d'approche thématique éclatée, pas d'EPI, pas de jugements anachroniques sur les pages sombres du passé : mais des leçons solides, une maquette claire, et quelques exercices ludiques pour intéresser les élèves.

Si vous connaissez des professeurs d'histoire, il faut absolument leur faire connaître cet ouvrage ! Transférez-leur ce message sans plus attendre.

Une jeune enseignante enthousiasmée par cet ouvrage m'a confié : "Je crois que ce manuel d'histoire va devenir le symbole de la résistance à la réforme du collège..."

Si vous partagez cet avis, n'hésitez pas à transférer ce mail !

Avec toutes mes meilleures pensées,

Claire Polin
Présidente de SOS Éducation

Claire Polin de SOS Éducation <contact@e.soseducation.org>

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Published by MagdaRita - dans ECOLE EDUCATION
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commentaires

Humbertclaude Brice 14/06/2016 10:06

Il défend un enseignement de l'histoire qui n'est pas du tout le mien.
Il déclare pour son ouvrage qu'il veut revenir à la chronologie alors que les programmes de 2008 étaient bien évidemment chronologiques, même s'il est vrai que certains chapitres portaient sur des thématiques, notamment en 4e (les femmes dans la révolution française par exemple), mais le chapitre principal sur la révolution était d'abord étudié.

Il annonce ensuite dans le thème concernant la colonisation qu'il a construit un dossier sur "l'oeuvre civilisatrice française" en Algérie.
La formulation en elle même est une honte ; c'est penser l'Afrique comme n'étant pas civilisée avant l'arrivée des Français. Or dans les programmes actuels, on étudiait un empire africain du moyen-âge pour justement montrer aux élèves que sur tous les continents, les Hommes avaient été capables de bâtir des empires puissants, riches dotés d'une activité culturelle et artistique intense, qui n'avaient pas attendu l'arrivée des Français. D'ailleurs je trouve anormale que ce chapitre disparaisse dans les programmes de 2016. Casali défend donc une certaine supériorité de la civilisation occidentale sur les autres.

Il dit aussi qu'il faut remettre les "Grands Hommes" au coeur des programmes car "ce sont les hommes qui font l'histoire" ; sauf que les "petits hommes et femmes" font aussi l'Histoire, et l'historiographie qui se renouvelle depuis une trentaine d'années insiste aussi sur le rôle des gens du peuple, des ouvriers, des femmes, ...qui eux aussi font l'Histoire. De plus, les "Grands Hommes" n'ont jamais disparu des programmes. Ils avaient effectivement une place moins importantes qu'il y a 30 ou 40 ans car depuis, on estime que l'histoire sociale, culturelle, économique ont aussi une place importante en plus de l'histoire politique plus classique.
Il annonce aussi vouloir remettre en avant le "récit national". Or l'histoire de France a toujours été au coeur des programmes d'histoire. Simplement, la France n'étant pas isolée du reste du monde, les programmes actuels faisaient justement les liens entre la France et les autres continents.

Certaines idées de Casali sont aussi plus que critiquables :

- il a expliqué sur Europe 1 le 2 septembre 2013 que la dictature pétainiste était due à une prétendue sénilité de Philippe Pétain. Or les Historiens sérieux ont démontré depuis longtemps que Pétain, bien qu'âgé, était en pleine possession de ses capacités intellectuelles comme le prouve des documents retrouvés en 2010 montrant que Pétain a annoté le projet sur le statut des Juifs de 1940 pour la rendre plus dure à leur encontre, en dehors de toute pression nazie.

- Il compare aussi de manière plus que douteuse la situation actuelle en France avec la situation de 1789 :
" La situation est même d’un certain point plus paralysante qu’a l’époque puisque Louis XVI contrôlait le pays avec 60 000 fonctionnaires (pour 26 millions d’habitants) alors qu’ils sont aujourd’hui 6 millions en comptant le personnel des hôpitaux (pour 65 millions d’habitants NDLR). Ce chiffre illustre parfaitement notre gabegie de la dépense d’État et il est aberrant de voir que nous continuons dans ce contexte de recruter dans les collectivités territoriales. Le statut des fonctionnaires n’a de plus jamais été modifié depuis Maurice Thorez en 1946 et cela prouve encore une fois notre incapacité à s’attaquer aux privilèges de quelques-uns au nom de l’intérêt général."

Or Dimitri Casali sait pertinemment que le faible nombre de « fonctionnaires » sous Louis XVI s’explique du simple fait que la plupart des missions régaliennes, y compris la perception des impôts, étaient confiées à de riches particuliers (avec une institution comme la Ferme Générale par exemple). L’armée était en partie constituée de mercenaires, et l’éducation publique, la santé, les transports publics, les pompiers, la police, les services culturels, les musées, les bibliothèques publiques, les archives publiques étaient inexistants ou presque. Et comment oser comparer les fonctionnaires actuels aux privilégiés de l'Ancien régime ?

- Il dénonce aussi le fait que l'on ne parle que des traites négrières européennes dans les programmes, en critiquant ce qu'il appelle "l'esprit de repentance" (loi Taubira de 2001 sur la reconnaissance des traites négrières et de l'esclavages comme crime contre l'Humanité). Or justement, l'analyse des royaumes africains du moyen-âge permet d'insister sur "l’étude et la naissance des traites négrières conduite à partir de l’exemple au choix d’une route ou d’un trafic des esclaves vers l’Afrique du Nord ou l’Orient" (BO 2008), donc différentes des traites européennes.

L'ouvrage en lui même n'est guère plaisant à lire et à regarder. L'iconographie est de bonne qualité quoique certaines reconstitutions comme celle de Roland sonnant le cor à Roncevaux n'apportent rien d’intéressant. En revanche, les textes sont indigestes pour des élèves de collège, en particulier sur le niveau 5e.

Quand l'ouvrage aborde la partie sur Jeanne d'Arc, le titre ne paraît guère sérieux et prêt plus à sourire : "Jeanne d'Arc, un éclair dans la nuit". Le texte qui suit et qui sert de cours assène ensuite comme certitude que "Jeanne d'Arc entend des voix qui lui ordonne de quitter son village". Où est le regard critique de l'historien ? De même l'ouvrage dit ensuite qu'elle sera déclarée Sainte par l'Eglise catholique en 1920. Faut-il voir dans ses victoires un miracle ? Drôle de manière de faire de l'Histoire !

On lit aussi plus loin qu'en Amérique au 16e siècle, "les population indiennes sont christianisées parfois par la force". Comment accepter ce "parfois" ? Au début de la conquête, aucun Indien n'accepte de renier sa religion et beaucoup se suicident plutôt que de devenir chrétien. Même les ouvrage de Las Casas y font référence, alors même qu'il défend l'évangélisation des terres découvertes.

Dans le chapitre de 4e consacré à la révolution française, un dossier porte sur "L'extermination en Vendée". Le problème est que le nombre de morts avancé est critiqué par les spécialistes de cette période comme Jean-Clément Martin (directeur de l'Institut de la révolution française) qui parle de chiffres "aberrants". Les nombres avancés proviennent d'un ouvrage de Reynald Secher (historien proche de l'Action française et ayant fait des conférences au sein de l'Agrif ...) qui a inventé l'expression "génocide vendéen" que la grande majorité des historiens spécialistes de la révolution ont dénoncé. Parler de "génocide vendéen" n'a pas pour objectif d'établir une vérité historique, mais plutôt de dénoncer la république qui serait meurtrière, et même pire, génocidaire. Il y a ici une instrumentalisation de l'histoire.

Dans la partie sur la colonisation, il est question de l'exposition coloniale de 1931, dont le succès réel est mis en exergue. Peut-être aurait-il fallu parler aussi des zoos humains qui étaient installés ... preuve s'il en faut que "l'oeuvre civilisatrice" de la France se fait dans un contexte très particulier ... Une page presque hagiographique ("explorateur courageux", "administrateur trop généreux")est dédiée à Savorgnan de Brazza. Or si on peut reconnaître qu'il était moins brutal que d'autres colonisateurs, il n'en reste pas moins qu'il est néanmoins un agent zélé de l'impérialisme colonial français. De même, la page sur la "mission civilisatrice" de la France me choque. La colonisation n'a rien de positif ! Difficile d'accepter que l'évangélisation forcée soit positive, que l'enseignement en français des population colonisées soit positif ! Et que dire du "nos ancêtres les Gaulois" ???

Dans le chapitre sur la 1e guerre mondiale, l'ouvrage insiste sur les grands généraux (Pétain, Nivelle, Galliéni, Foch, Joffre) et détaille la bataille de Verdun. Il est dommage que la vie quotidienne dans les tranchées, les souffrances soient moins mises en avant. Les Grands Hommes ne font pas seuls l'Histoire ! Il n'y a qu'un tableau de chiffres sur le génocide des Arméniens (et non "génocide arménien") alors que le BO insiste davantage sur son étude.

Le chapitre consacré aux totalitarisme avance le nombre de 20 millions de morts sous Staline (chiffre repris de l'ouvrage controversé de Stéphane Courtois, Le Livre noir du communisme). Un des auteurs de l'ouvrage, Nicolas Werth accuse d'ailleurs S. Courtois d'avoir exégéré ce nombre, lui-même en ayant dénombré 15 millions. Mais S. Courtois a milité longtemps dans des groupes politiques anticommunistes (après avoir été communiste dans les années 60).

Un dossier est consacré à De Gaulle, qu'apporte le texte "une certaine idée de la France" ? Pas grand chose, si ce n'est de l'eau au moulin des objectifs politiques de Casali (défense de la tradition, de la patrie, de la religion). Je regrette aussi le peu de documents sur le régime de Vichy, notamment sur l'antisémitisme et les lois sur le statut des Juifs.

Pour mai 68 "dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui" ... que faut-il comprendre de cette phrase ?
La définition de l'Etat-Providence est en elle-même une critique de ce système et en ce sens, elle me gène vraiment. Son but n'est pas de "gérer la vie des Français", mais de leur permettre une vie meilleure par le système de la redistribution.
Dans la partie sur la construction européenne, l'auteur parle des réformes que l'UE impose aux Etats membres et qui permettraient de "moderniser les administrations publiques". Or ces mesures sont toutes ultra-libérales (voir ce qui se passe en Grèce) et en utilisant le terme "moderniser", Casali pense bien entendu à la baisse du nombre de fonctionnaires et à la diminution de la dépense publique, lui qui est connu pour ses prises de positions antifonctionnaires.

Au final, l'ouvrage comporte donc des interprétations qui semblent plus viser un projet politique que véritablement historique et c'est pour toutes ces raisons que je me refuserai à l'utiliser.

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  • : les enfants de la nouvelle terre
  • les enfants de la nouvelle terre
  • : Ce congrès consacré aux jeunes et à leur planète se veut positif. Il y sera démontré que seuls une prise de conscience générale et une volonté d'intégrer de nouveaux concepts (autant dans le domaine de la santé que dans celui de l'agriculture) feront basculer l'avenir de l'Homme et sa planète. La santé globale des jeunes préoccupe : Asthme, allergies à de nombreuses substances, diabète, surpoids. Pourquoi autant d'autistes ...
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